Famille de Bahá'u'lláh

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La Famille de Bahá'u'lláh, dont il est ici question, se compose de ses trois épouses et de leurs 14 enfants. Mírzá Ḥusayn 'Alí Núrí (1817-1892) naquit musulman chiite puis se convertit au Babisme, dont il devint l'un des chefs sous le titre de Bahá'u'lláh (arabe: بهاء الله , la "Gloire de Dieu"), et fonda finalement la Foi bahá’íe en déclarant être "Celui que Dieu rendra manifeste" annoncé par le Báb (1819-1850).

Dans les écrits saints baha'is, il est comparé au Sadratu'l-Muntahá, l'arbre (jujubier) symbolisant la limite que les hommes ne peuvent dépasser sur la voie de leur recherche de Dieu. C'est pourquoi ses enfants reçurent le titre de "branche" (singulier : Ghuṣn et pluriel : Aghṣán) pour les garçons et de "feuille" (Afnán) pour les filles. Ce dernier titre ne doit pas être confondu avec celui (Afnán, "brindilles") donné par Bahá'u'lláh aux parents du Báb, et qu'ils adoptèrent comme surnom pour leur descendance. Contrairement les coutumes chiites, selon lesquelles les Siyyid (descendants du prophète Muḥammad par sa fille Fáṭimih) jouissent de certains droits pécuniaires, Bahá'u'lláh n'accorda à ses enfants aucun droit particulier sur les biens des fidèles[1].

Les 3 "Branches", la "Plus Pure", la "Plus Grande" et la "Très Grande" avec des baha'is à Andrinople

Sommaire

[modifier] Première épouse

la "Plus Sainte Feuille" à 49ans

Ásíyih Khánum ( آسیه خانم, v1820-1886 ) était la fille d'un noble persan, Mírzá Ismá'íl-i-Vazír, et épousa Bahá'u'lláh à Téhéran (Ṭihrán, capitale de l'Iran) selon la loi islamique entre le 24 septembre et le 22 octobre 1835. Bahá'u'lláh l'appella Navváb, ainsi que la "Feuille la Plus Exaltée", et déclara qu'elle était "son épouse pour l'éternité dans tous les mondes de Dieu".

De leur union naquirent 7 enfants, dont seulement 3 atteignirent l'âge adulte :

[modifier] Seconde épouse

Fáṭimih Khánum (1828-1904), plus connue sous le titre de Mahd-i-'Ulyá, était une cousine de Bahá'u'lláh et l'épousa à Téhéran en 1849, alors qu'il était babi.

De leur union naquirent 6 enfants, dont seulement 4 atteignirent l'âge adulte :

[modifier] Troisième épouse

Gawhar Khánum épousa Bahá'u'lláh à Bagdad quelques temps avant qu'il n'eut déclaré sa mission, et elle était peut-être à cette époque la servante de Navváb[4]. Quand Bahá'u'lláh quitta Bagdad, elle resta avec sa fille chez son frère Mihdíy-i-Kásháni. Puis on dit qu'elle aurait été capturée avec d'autre croyants en route pour rejoindre Bahá'u'lláh et qu'elle resta plusieurs années parmi les baha'is réfugiés à Musúl. Elle regagna ensuite 'Akká sur les instructions de Bahá'u'lláh[5]. Elle fit partie des "briseurs de l'Alliance" après la mort de Bahá'u'lláh et s'éteignit durant le ministère de `Abdu'l-Bahá (soit entre 1892 et 1921).

Elle n'eut qu'une seule fille, Fúrúghíyyih, qui épousa Siyyid ‘Alí (le fils du beau-frère du Báb) le 17 mai 1886 et lui donna 2 fils. Tous les quatre se rebellèrent contre l'autorité de `Abdu'l-Bahá et furent déclarés "briseurs de l'Alliance".

[modifier] Polygamie et monogamie

Certificat de mariage en 1835 de Bahá'u'lláh et de Ásíyih Khánum

Le fait que Bahá'u'lláh eut trois épouses, alors que la Foi baha'ie enseigne la monogamie, soulève des questions ...

Bahá'u'lláh eut trois épouses simultanément selon les affirmations de son arrière-petit-fils Shoghi Effendi. Il épousa sa première femme à Téhéran en 1835, alors qu'ils étaient tous les deux musulmans chiites. Il épousa sa seconde femme aussi à Téhéran en 1849, mais lui et elles étaient alors babis. Selon la loi et la tradition islamiques alors en vigueur à l'époque de ces deux mariages, un homme avait droit à quatre épouses simultanément. Les lois baha'ies du mariage ne furent révélées que dans le Kitáb-i-Aqdas (le "Livre le Plus Saint") en 1873, et ne permettaient pour des raisons de justice que deux épouses en même temps et pas de concubines[6]. Cette possible bigamie fut ensuite considérée par `Abdu'l-Bahá comme impraticable vis à vis de la notion de justice et la monogamie fut instituée dans la communauté baha'ie[7]

Juan Cole pense que le troisième mariage de Bahá'u'lláh avec Gawhar Khánum aurait été une sorte de "mariage temporaire" (mut`ah) en accomplissement de la tradition chiite voulant qu'une femme ne puisse être servante dans une maison sans être mariée, coutume qui fut par la suite expressément annulée dans le Kitáb-i-Aqdas[8]. Il en veut pour preuve que Gawhar n'accompagna pas Bahá'u'lláh au cours de son exil de la même manière que ses autres épouses. Mais la Maison Universelle de Justice répond dans une lettre en citant Shoghi Effendi :

"Bahá'u'lláh n'eut aucune concubine. Il eut trois épouses légitimes. Il les épousa avant la révélation de "l'Aqdas" en se conformant à la loi islamique qui n'avait pas encore été remplacée. Il imposa la justice comme condition de la polygamie. `Abdu'l-Bahá interpréta cette loi dans le sens qu'un homme ne peut qu'être monogame car il lui serait impossible d'être juste envers deux ou plusieurs épouses en même temps."

"...Bahá'u'lláh épousa sa première et sa seconde femmes alors qu'il était encore à Téhéran, et sa troisième alors qu'il était à Bagdad. D'une part les lois de "l'Aqdas" n'avaient pas encore été révélées, et d'autre part il se conformait aux lois de la révélation précédente et aux coutumes du peuple de son pays."[9].

Les sources baha'is argumentent que la polygamie est une coutume ancestrale et que d'autres religions n'exigent pas la monogamie[10]. Selon la loi de Moïse, un homme pouvait épouser autant de femmes qu'il le voulait. Jésus n'a pas interdit la polygamie et a utilisé des paraboles parlant de mariage polygame. Dans la péninsule arabique, Muḥammad établit une limite à quatre épouses pour des hommes habitués à en avoir des centaines. La Foi bahá’íe a progressivement introduit la monogamie dans des régions où la polygamie était considérée comme une manière de vivre légitime. On peut lire à la note 89 du "Livre le Plus Saint" :

"Pour la majorité de l'humanité, la polygamie est une très ancienne pratique. L'introduction de la monogamie ne s'effectua que graduellement par l'intermédiaire des manifestations de Dieu. Jésus, par exemple, n'a pas interdit la polygamie, mais a aboli le divorce, sauf en cas de fornication; Muḥammad a limité le nombre d'épouses à quatre, mais la pluralité d'épouses fut subordonnée à la justice, et il a réintroduit le divorce; Bahá'u'lláh qui révéla ses enseignements au sein de la société musulmane, introduisit graduellement le sujet de la monogamie, suivant les principes de la sagesse et en dévoilant progressivement son intention. Le fait qu'il laissa à ses adeptes un interprète infaillible de ses Ecrits lui permit d'autoriser, en apparence, dans le Kitáb-i-Aqdas, deux épouses, mais en maintenant une condition qui permit plus tard à Abdu'l-Bahá d'expliquer que l'intention de la loi était d'imposer la monogamie."[11]

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes

  1. Kitáb-i-'Ahd (Livre de l'Alliance), cité dans les "Tablettes de Bahá'u'lláh" révélées après le Kitáb-i-Aqdas, p.232
  2. Kitáb-i-'Ahd (Livre de l'Alliance), cité dans les "Tablettes de Bahá'u'lláh" révélées après le Kitáb-i-Aqdas, p.232
  3. Ghusn-i-A‘ẓam et Ghusn-i-Akbar peuvent tous les deux être traduits comme la "Plus Grande Branche". A‘ẓam ayant en arabe un statut de supériorité par rapport à Akbar (voir Baalbaki 1995, ou Steingass 1970), les auteurs baha'is et d'autres non-baha'is traduisent le titre de `Abdu'l-Bahá par la "Plus Grande Branche" et celui de Muḥammad `Alí par la "Très Grande Branche" (Taherzadeh, 2000, p. 256.). Certains auteurs inversent les traductions (Maulana, 1933, p.56), mais les indications des expressions Ghusn-i-A‘ẓam et Ghusn-i-Akbar sont pourtant claires (Browne, 1918, p.61 & p.85
  4. "A Brief Biography of Baha'u'llah", par Juan Cole
  5. Lettre de la Maison Universelle de Justice du 6 avril 1998 intitulée "Memorandum re Wives of Bahá'u'lláh"
  6. Kitáb-i-Aqdas, verset 63
  7. Kitáb-i-Aqdas, notes 89
  8. Kitáb-i-Aqdas, verset 63 et note 90
  9. Lettre de la Maison Universelle de Justice du 6 avril 1998 intitulée "Memorandum re Wives of Bahá'u'lláh"
  10. Lettres de la Maison Universelle de Justice du 23 octobre 1995, 27 juin 1996 et 6 avril 1998
  11. Kitáb-i-Aqdas, note 89
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